L’énergie houlomotrice issue des vagues et de la houle

L’énergie houlomotrice, ou énergie de la houle, est une source d’énergie liée au déplacement de la surface de la mer sous l’action des vagues successives qui naissent de l’effet du vent sur l’eau. De nombreux dispositifs permettent d’exploiter une telle énergie, dont le potentiel est très élevé.

 

Les quatre principaux dispositifs pour récupérer l’énergie des vagues

 

Il existe actuellement un large panel de solutions houlomotrices, les systèmes de capture de cette énergie houlomotrice variant d’une technique à l’autre : capture en surface ou sous l’eau, capture des variations de pression au passage des vagues ou encore capture physique d’une masse d’eau à travers une retenue. On distingue principalement quatre dispositifs pour récupérer l’énergie de la houle :

– les corps flottant : une structure flottante articulée et perpendiculaire aux vagues est installée sur la surface de l’eau, formée de tuyaux en aciers ou de pontons reliés par des joints contenant des pompes hydrauliques ; les vagues entraînent l’oscillation de la chaîne, exploitée aux articulations pour comprimer un fluide hydraulique qui entraîne à son tour une turbine.

– les colonnes d’eau oscillantes : ces colonnes montent et descendent au gré des mouvements de houle ; ancrées sur le fond de la mer, leur action entraîne un piston, comprime de l’air ou encore aspire de l’eau de mer dans une turbine, ce qui va faire tourner un moteur ;

– les systèmes à déferlement : il s’agit d’un système à franchissement qui retient l’eau des crêtes de la houle, ce qui occasionne une surpression dans le réservoir ; l’eau ainsi retenue est turbinée avant de retourner à la mer ;

– les parois oscillantes immergées : ce système pivotant est actionné par le mouvement orbital de l’eau au passage des vagues, oscillations qui permettent d’entraîner des pompes afin de comprimer et turbiner un fluide hydraulique.

 

Le potentiel élevé de l’énergie houlomotrice

 

La France dispose avec l’Océan Atlantique un potentiel très élevé de production de cette énergie houlomotrice : autour de 40 TWh/an, chiffre auquel il faut ajouter l’important potentiel outre-mer. D’autres pays, comme la Grande-Bretagne, sont également bien dotés avec un potentiel évalué à 50 TWh par an, soit l’équivalent de la production de 5 réacteurs nucléaires. Selon le Conseil Mondial de l’Énergie, près de 10 % de l’électricité consommée dans le monde pourraient être couverts par l’énergie houlomotrice. Certes, cette technologie est particulièrement difficile à maîtriser, en raison de l’hostilité du milieu marin, qui impose des conditions environnementales extrêmes amoindrissant la durée de vie des composants et suscitant des tempêtes dont la force peut briser les éléments physiques les plus robustes, mais les développements sont rapides : projet Searev, de l’École Centrale de Nantes, système Pelamis installé au large du Portugal et de l’Écosse, projet Limpet testé depuis 2000 sur l’île d’Islay (Ecosse) ou encore prototype Wave Dragon lancé en 2007 au pays de Galles, Perth Wave Energy Project en Australie, qui en 2016 ont permis d’alimenter en eau potable et en électricité la totalité de la base navale de Stirling, soit près de la moitié de la consommation électrique de 2 000 foyers australiens pendant un an.

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