L’énergie marine en France

Face au phénomène de réchauffement climatique qui constitue une menace réelle pour la biodiversité, les énergies renouvelables constituent un enjeu majeur. En effet, l’utilisation de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz etc…) a des conséquences importantes, pour ne citer que la pollution et le bruit. Par ailleurs, le recours à l’énergie soulève plusieurs préoccupations : insécurité des approvisionnements liée aux aléas géopolitiques et à l’épuisement des gisements, sécurité des gisements, élimination des déchets radioactifs…

Un fort potentiel de développement

La France s’est déjà engagée en 2005 à réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre en 2050. Avec l’adoption de la loi du 22 Juillet 2015, le pays vise les 32% de part pour l’énergie renouvelable dans le mix énergétique (16% fin 2016) en mettant l’accent notamment sur le développement de l’énergie marine renouvelable (EMR). La France se classe deuxième au monde en termes de zone économique exclusive mondiale, juste derrière les Etats-Unis, avec une surface totale de 11 millions de km² répartie sur 4 océans.

Les différentes énergies renouvelables des mers

Le potentiel énergétique sur ces zones est considérable et diversifié. Il existe plusieurs axes de développement :

– L’énergie éolienne : l’éolienne offshore est la technique actuellement la plus mature. Certains sites au large des côtes de Normandie, de Bretagne et des Pays de la Loire sont proches de la phase d’exploitation commerciale. Elle fonctionne sur le même principe que l’éolienne terrestre.

– L’énergie hydrolienne : l’hydrolienne est à envisager pour atteindre le stade commercial dans moins de 10 ans. Une hydrolienne est une turbine immergée ou semi-immergée qui fonctionne grâce à l’énergie cinétique des courants marins.

– L’énergie marémotrice : descendantes des moulins à marée des côtes bretonnes, les installations marémotrices se présentent sous la forme d’un bassin de retenue qui se vide ou se remplit au gré du flux et du reflux de la marée. Comme dans une centrale hydroélectrique, des turbines sont intégrées dans le barrage. La France est l’un des pays précurseurs de ce procédé par le biais de l’usine de Rance qui est exploitée depuis 1966.

– La technique de l’houlomoteur, qui utilise le mouvement de la vague ainsi que celle de l’énergie thermique des mers (ETM) exploitant les différences de température entre les eaux en surface et celles en profondeur, semble prometteur, mais en est encore à des stades développement. L’ETM est beaucoup plus préconisée dans les départements d’Outre-mer. Des projets sont d’ailleurs en cours de développement en Martinique et à La Réunion.

La France à la traîne

Si l’énergie éolienne offshore est la plus facile à mettre en place, la France reste à la traîne par rapport à ses voisins européens. Les travaux dans les parcs éoliens sont prévus produire 3.000 Megawatts. Le potentiel français pour l’hydrolienne est de 5 à 6 Megawatts à l’horizon 2030, selon le Syndicat des énergies renouvelables. Cependant, le cumul des capacités EMR en deça de 100MW dont 16 pour l’ETM (Thermiques) de la Martinique.

Les défis techniques et les coûts

Le développement de l’énergie marine fait face à des défis colossaux qui ne sont pas insurmontables. Le principal défi reste la fiabilité car les différentes installations sont destinées à fonctionner dans le milieu marin pour plusieurs dizaines d’années. Il faut donc concevoir et développer des matériaux qui résistent bien à la corrosion et aux conditions éprouvantes du milieu. Il y a également le défi de l’électrotechnique sous-marine à haute puissance lié au rapatriement de l’énergie produite vers le continent. Ces contraintes impactent sur les coûts : recherches et développement, installation et maintenance… Or, les coûts doivent être strictement maitrisés pour que la production de l’énergie marine soit compétitive face aux autres formes de production d’énergie. Il faut donc miser sur l’économie d’échelle pour les réduire. Ainsi, cette forme d’énergie est appelée à se développer même si les degrés de maturité des différentes techniques sont très disparates. Il faut également mettre sur la balance la création d’emploi lié au développement de l’énergie marine.

Les contraintes et les conséquences sur l’environnement

Outre la production, l’énergie marine doit également faire face à des contraintes liées à l’environnement. Les 11 millions de km² de zones économiques exclusives mondiales sus cités renferment des écosystèmes marins et côtières fragiles et à haute valeur patrimoniale. Les conséquences sur l’environnement doivent être évaluées bien qu’elles restent limitées comparativement aux impacts des autres modes de production d’énergie. Les études porteront non seulement sur les effets directs et indirects sur la faune et flore marine, mais également sur les effets physiques, comme les probables variations dans le transport sédimentaire, les rayonnements acoustiques et électromagnétiques ainsi que les risques de collision.

Voir également :

Présentation des différentes énergies marine renouvelables par le Ministère de la Transition écologique et solidaire

Présentation de la filière EMR par le Syndicat des énergies Renouvelable

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